Chantier des collections 101

Déménager une collection entière demande une organisation hors paire. Orchestré par la firme Methodem, le projet du MuCEM se dote d’un plan de travail efficace. Afin d’assurer le bon fonctionnement des opérations, tous les objets passent par différents pôles de traitement. Tout d’abord, une fois sortis de la réserve, ils entrent au récolement. Ensuite, ils sont dépoussiérés, mesurés et pesés avant d’être marqués et photographiés. Finalement, ils sont emballés soigneusement en vue de leur sortie définitive du musée.

Salle de récolement

En France, nous parlons de récolement le fait de documenter les objets. Dans une base de données nommée Micromusée (l’équivalent de Gestion Virtuelle), nous indiquons toutes les informations relatives aux objets: numéro d’identification, description physique, matière et technique de fabrication, constat d’état, localisation, etc. Une étape cruciale dans le processus, la fiche d’un objet est comme son carnet de santé où tout est répertorié jusqu’aux moindres détails. C’est un travail de longue haleine parfois, surtout lorsque nous avons seulement des fragments ou que l’objet nous est inconnu, mais les informations que nous en soutirons sont des plus instructives.

Salle de dépoussiérage

J’ai passé beaucoup de temps dans cette salle. Des journées entières à nettoyer, mesurer et peser des objets de tous gabarits. Nous mesurions afin de déterminer le volume occupé par les artéfacts dans les futures réserves et nous les pesions pour des fins de transport. Par soucis de confidentialité de la collection, je ne peux pas divulguer le genre d’objet que j’ai pu traiter, mais je peux vous dire que j’étais souvent subjuguée par ce que je tenais entre les mains!

Un travail zen!

Malgré le travail répétitif, ce fut un plaisir d’utiliser tous ces équipements et de chouchouter des objets de collection. Les postes que vous voyez ci-haut sont des aspirateurs à succion contrôlée. Selon le type et l’état de l’objet à dépoussiérer, le niveau d’aspiration variait. Le plan de travail où nous travaillions était en fait une table aspirante utile pour les textiles de grand format. Ils y étaient déposés et l’aspiration se faisant du dessous. Cette étape était l’occasion de mettre la collection sur son 31 avant de partir au soleil de Marseille.

Marquage

L’objet se dirige tranquillement vers la sortie en passant par le pôle du marquage. Il consiste à inscrire le numéro d’acquisition sur l’objet, à un endroit le plus discret possible mais assez visible pour qu’il soit facilement repérable et ainsi minimiser les manipulations. Cette tâche demande beaucoup de minutie et pas trop d’ingestion de café le matin! Ce numéro d’identification est écrit à l’encre (noire sur les objets pâles, blanche sur ceux foncés), entre deux couches de vernis afin que l’action soit réversible. Si l’objet est trop fragile, volumineux ou en matière textile, une étiquette est simplement attachée sur celui-ci.

Pôle photographie

Dernière étape: la prise de photographie dans le but de l’intégrer dans la base de données. Mes moments préférés se passaient ici car je n’avais jamais eu la chance de travailler avec de telles installations. La technique de muséologie nous apprend à se débrouiller avec peu de moyen, en improvisant des studios maison, ce qui n’est pas mauvais en soi. Alors, lorsque nous arrivons devant autant d’équipement, c’est le summum! Les clichés apparaissent directement à l’écran car la caméra est reliée à l’ordinateur. Le but de la photographie documentaire est de mettre en lumière les caractéristiques physiques de l’objet, sur un fond généralement blanc ou noir (pour les objets de couleur pâle).  Néanmoins, il est parfois difficile d’éviter de tomber dans l’esthétisme afin de montrer les plus beaux atouts de l’objet.

En pleine action

Une vue générale est la plupart du temps suffisante, mais il peut être important de relever les détails intéressants du sujet. Lorsque nous avions de très grandes pièces ou des prises en plan à prendre, le trépied facilitait la tâche. D’un simple clic à l’ordinateur et voilà, la prise se faisait par magie. Pour une personne impressionnable comme moi, j’étais au paradis.

C’est ici que se termine le trajet de chaque objet d’une collection s’apprêtant à quitter son nid. Après la photographie, le reste de la tâche est confié à une firme externe qui s’occupe du transport. Un camion quitte Paris à toutes les semaines en direction de Marseille, où de toutes nouvelles réserves abriteront la collection. J’ai travaillé à tous les pôles (transport) et traité une infime partie projet. Infime car il est d’une ampleur dont jamais j’ai été témoin. Je leur souhaite bon courage pour la suite des événements.

 
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